La cantine de Gimouille, bonne élève du compostage alimentaire

Depuis quelques semaines, les déchets alimentaires de la cantine scolaire de Gimouille ne terminent plus à la poubelle mais dans le ventre du Culbuto, le composteur de la société nivernaise Formacompost installée à l’Inkub. L’expérimentation, impulsée et financée par Nevers Agglomération, est mise à l’honneur durant la Semaine nationale du compost.

Les demi-pensionnaires de l’école de Gimouille sont devenus les pionniers d’une expérience pilote menée sur leur commune. Les déchets alimentaires de leur cantine, soit une trentaine de kilos hebdomadaires, ne partent plus, avec les ordures ménagères, à l’usine d’incinération de Fourchambault, mais à quelques mètres de l’école et de la mairie, dans un gros cylindre à double corps et haut sur pattes : le Culbutocomposteur rotatif et motorisé mis au point par la société Formacompost, installée à l’Inkub dans l’accélérateur de start-up Village by CA Nevers.

 

Acheté par Nevers Agglomération en 2020, cet exemplaire a été confié à la municipalité gémolienne, volontaire pour l’expérimentation : « Je suis très content que nous fassions ce geste pour l’environnement. Nous les élus, quelle que soit notre sensibilité politique, nous avons tous les mêmes angoisses au sujet de l’environnement », précise le maire Alain Bourcier lors d’une visite in situ organisée dans le cadre de la Semaine nationale du compost (1).

 

Patron de Formacompost, Christophe Boudet a détaillé le fonctionnement de son Culbuto 1000destiné aux collectivités, aux entreprises et aux restaurateurs « Il peut composter 100 kg de déchets alimentaires par semaine, en y ajoutant du broyat à hauteur de 20 à 30 % du mélange. » Quelques minutes de rotation quotidienne suffisent à brasser le tout pour favoriser la formation d’un « pré-compost ou compost frais » qu’il faudra ensuite mettre en maturation sous une bâche. L’entreprise a également conçu un Culbuto 50 dont la capacité de 50 litres se prête à un usage par les particuliers : « Il peut traiter jusqu’à 10 kg de déchets alimentaires par semaine. ».

 

« Le compostage des déchets alimentaires est une façon de responsabiliser les citoyens », souligne Fabrice Berger, vice-président de Nevers Agglomération en charge de la transition écologique et des stratégies d’optimisation environnementale. Cette expérimentation est « la suite logique de l’engagement » de la communauté d’agglomération en faveur de la valorisation des déchets, que ce soit avec la vente de composteurs à prix réduit ou avec l’opération Adopte un bec.

 

Le goût du compostage des déchets alimentaires se diffuse de plus en plus dans la population, si l’on se fie à l’intérêt croissant pour le Culbuto : « Nous en avons vendu 300 exemplaires aux Jardineries Truffaut, et nous sommes en discussion avec Gammvert et Botanic. Des métropoles sont intéressées, ainsi que des chefs étoilés », se réjouit Christophe Boudet, dont la société compte actuellement cinq salariés et « continue à innover » en concevant des « électro-composteurs pour les collectivités et les professionnels ».

 

(1)En présence de Mathilde Musset, animatrice Territoire zéro déchet zéro gaspillage au service Collecte et valorisation des déchets de l’Agglomération